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The Strypes, tout simplement.

The Strypes, ou comment se prendre une grande claque dans la figure. Dès les premières notes, “ça calme”, comme dirait l’autre. Ca renvoie la première partie noyer son chagrin au bar, car oui, The Strypes fait mieux que ce que la plupart de nos braves groupes locaux ne pourront jamais faire. Et puis il faut dire que commencer par “What a shame”, leur dernier tube, c’est pas très fair-play envers les balbutiements du groupe d’avant. Mais les Strypes ne sont pas là pour être fair-play. Ils sont là pour faire du rock, du vrai, et s’acquittent de leur mission avec un professionnalisme qui frappe pour leur jeune âge. C’est propre, net, précis, comme leur logo. Blanc sur noir.

Passé le choc de la première chanson se presse une foule de questions: mais ils jouent depuis combien de temps pour arriver à CA, aussi jeunes ? Et ils connaissent comment le blues d’abord ? On n’est pas censés critiquer les parents en vénérant Kurt Cobain à cet âge-là ? Et ils ont le droit de voyager sans autorisation parentale ? Et ils ont déjà vécu ce dont ils parlent ? (Oui, Liv, ils n’ont pas 12 ans non plus.)

Non, vraiment, ils sont vexants. Ils n’ont même pas la grosse tête, le chanteur jouant habilement avec son public comme s’il avait fait ça toute sa vie, avec assez de bagoût pour être une rock star, mais pas assez pour être arrogant. Et avec une voix particulière, en plus de ça, qui fait de lui non pas un chanteur par défaut, mais quelqu’un qui chante juste et s’en amuserait presque. Puis il n’y a qu’eux pour introduire l’harmonica dans un concert de rock sans endormir leur public, ni leur donner l’impression qu’ils ont été téléportés au Texas sur un taureau en plein rodéo (et finir avec le même mal de tête). Ils ont également de bonnes références, pour reprendre Rockaway Beach des Ramones en rappel. Même si on devait être 5 dans la salle à la connaître.

Bref. Ces petits Irlandais iront loin, eux qui comptent déjà parmi leurs fans Roger Daltrey, Noel Gallagher, Jeff Beck, Miles Kane, ou encore Elton John. Excusez du peu, alors que le plus vieux d’entre eux fêtera ses 19 ans en septembre, et que le chanteur n’a que 17 ans.

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Fake your death.

(Parce que mon blog, c’est aussi ça. C’est ma vie. Mes goûts. Et leur banalité frappante.)

Fake your death. Les imperfections d’une démo, une réalité qui a rattrapé les paroles, la teinte des adieux. La réalisation que ce sera la dernière fois de ma vie que j’entendrai une nouvelle chanson de My Chemical Romance. Les images du “clip” défilent, les souvenirs se superposent. Il y a 7 ans, je n’étais pas la même personne, je n’avais pas la même vie, ni les mêmes ambitions. De la gouaille punk des vampires à l’electro-rock des killjoys, leur évolution a souligné les étapes de ma vie, de l’adolescence à l’âge adulte. De la même façon que vos parents vous tiennent la main lorsque vous êtes enfant, puis, un beau jour, vous laissent marcher seul. My Chemical Romance a réalisé la prouesse de tenir la main à des milliers d’adolescents perdus, qui attendaient seulement qu’on leur indique le chemin, leur chemin. Ils ont fait leur travail, et bien plus. C’est peut-être une aventure qui se termine, mais pour personne ce n’est la fin du chemin. Ils nous ont armés pour continuer, pour regarder en avant. Pour ne pas avoir peur de marcher seul.

My Chemical Romance, “the life-saving band”.

Merci.

(17/02/2014)

Le Hellfest, review d’une accro pourtant pas metalleuse.

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(25 juin 2013)

Bon, je l’avoue, j’ai un péché mignon pour les basses (et les bassistes, SOIT.). Pourtant, je n’ai pas vraiment de metal dans mon iPod. J’ai beau faire le tour, il y a beaucoup de groupes, des glorieux, des moins glorieux, pas un dont j’ai honte, la musique, c’est une question de goûts, mais pas de metal, non. D’ailleurs, j’ai même du regarder sur Wikipedia si on mettait l’accent aigu ou non. Pourtant, le Hellfest, c’est mon péché mignon. Alors les mentalités ont changé, ou mes interlocuteurs aussi, et certes, dire que je vais au festival de l’Enfer ne provoque plus les mêmes réactions qu’il y a quelques années. (Ca ne fait pas non plus dix ans que j’y vais, juste trois.) “Toi, une fille, aller au Hellfest ? *petit rire* Non, mais, sérieusement ? T’as vu les invasions de gothiques dans Clisson ? C’est pas que des gros bourrins, t’as pas peur ?” Alors non, ça je n’ai jamais eu peur. La première fois que j’y suis allée, j’ai eu l’impression de débarquer à Woodstock, remarque que j’ai relue dans un autre article il n’y a pas très longtemps. Il y a plus de gens déguisés en Bob l’éponge que de gothiques, déjà. L’ambiance est détendue, il y a pas mal de familles, et on dirait une grande bande de Canadiens qui s’excuse dès qu’on s’approche un peu trop près de vous ou on vous bouscule. Et puis bah quand un mec défoncé se sert glorieusement dans votre assiette de frites, vous n’allez pas lui mettre une baffe non plus. Déjà, vous auriez plus mal que lui, et puis il a bien un ami qui va venir le rechercher pour le diriger ailleurs, et rien ne sert de s’énerver. Et ça, tout le monde l’a bien compris. Les gens sont là pour l’amour de la musique, pour passer un bon moment avec des gens qui eux aussi veulent passer un bon moment, et aussi simple que ça puisse paraître, ça fonctionne. Alors oui, après une certaine heure, certains sont passablement éméchés, et un souvenir que je chéris tout particulièrement est un jeune homme qui était tout content de me montrer le chaton sur son briquet. Vous allez me dire, payer 80€ pour observer les gens, c’est un peu léger non ? Certes, ça le serait. J’ai eu la chance de tomber chaque année sur un jour avec une programmation plus calme, correspondant plus à mes goûts musicaux (oui, je m’en fous de ceux qui râlent chaque année sur la page du festival parce que ce ne sont que des vieux qui passent sur les Main Stage), et donc de voir des groupes mythiques comme Scorpions, Thin Lizzy, Apocalyptica, Guns’N’Roses, UFO, Hammerfall, ZZ Top, Kiss, et j’en oublie sûrement. La première fois que j’ai foulé les terres de l’Enfer, je n’avais pas beaucoup de festivals à mon actif, juste une fois La Nuit de l’Erdre, vite fait, mais alors très très vite fait hein. J’ai été émerveillée. Comme je l’ai déjà dit, j’avais l’impression de revivre Woodstock, assise sur l’herbe en écoutant un groupe mythique. Maintenant, après avoir testé le Main Square, Rock en Seine, et les Vieilles Charrues, ce qui n’est pas extraordinaire comme palmarès mais constitue un petit éventail, je me rends compte que ma première impression était la bonne. Je n’ai retrouvé cette ambiance nulle part ailleurs, et je le dis, je le répète: si l’Enfer ressemble à ça, j’y cours.

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La Musique, avec un grand M.

(19 juillet 2012, édité le 11 décembre 2012)

Aussi loin que je me souvienne, la musique a toujours été le fil conducteur de ma vie. Des emballages en carton de guitares où je m’endormais aux concerts qui ont rythmé mon adolescence, du CD de Queen que j’essayais, du haut de mes 4 ans, de discrètement subtiliser à mon cousin, à la découverte de Pink Floyd le dimanche matin sur MCM Pop, de la profession de mes parents à celle que je veux exercer, tout a toujours été rythmé par un quelconque riff de basse, un quelconque extrait de paroles lourd de sens, un quelconque festival passé avec des personnes tout sauf quelconques. La musique est un art, un mode de vie, un échappatoire à la codification incessante de notre société à laquelle nous sommes confrontés chaque jour. La musique est un idéal d’expression et de liberté, un message contradictoire de guerre et de paix, de haine et d’amour, un condensé de vie que les critiques cherchent désespérément à estampiller de “commerciale”, “dépassée”, “à la mode”, “nulle”, “bonne”, “vraie”. La musique ne s’écoute pas seulement avec les oreilles: elle s’écoute avec les tripes. Elle appelle à nos souvenirs, à nos expériences passées, à tout cet amas de détails qui forment le tout que nous sommes. N’avez-vous jamais zappé une chanson en mode aléatoire car elle touchait un point sensible ? Notre passé formate notre expérience de la musique, et à ma connaissance il n’y a pas deux personnes au passé semblable. Alors pourquoi tenter d’imposer aux gens un genre qui ne leur convient pas ? Pourquoi dénigrer une adolescente car elle écoute un boysband, alors qu’elle détermine sa propre culture musicale ? Pourquoi regarder de haut le public d’un festival particulier ? A cause d’un code vestimentaire différent ? Qu’y a-t-il de si gênant dans le fait que quelqu’un n’adule pas le groupe que vous vénérez depuis votre plus tendre enfance ? (Au pire, ça vous laisse toujours plus de chances pour obtenir une place de concert.)

Je ne renie pas la discussion autour de la musique, et des goûts de chacun en général. Après tout, “toute la vie n’est qu’une querelle sur les goûts et les couleurs” (Ainsi parlait Zarathoustra). Loin de moi l’idée d’un jour oser contredire Nietzsche. Cependant, je trouve qu’il serait appréciable qu’il y ait plus de touches personnelles dans les critiques: en clair, au lieu de démolir l’album favori de votre voisin (ce qui peut parfois s’avérer être agréable et un délicieux défouloir, j’y consens), dites-nous plutôt ce qui vous prend aux tripes dans votre hymne personnel.